FORTES CHALEURS : L’ORGANISATION DU TRAVAIL DOIT S’ADAPTER

Les températures devraient retomber progressivement cette semaine, tout en restant au-dessus des normales de saison. Pour l’UNSA-CASVP, ce répit ne doit pas masquer l’essentiel : les fortes chaleurs sont un risque professionnel, et l’organisation du travail doit s’adapter. La santé des agents ne peut pas dépendre du thermomètre. Il ne s’agit pas seulement de réagir, mais d’anticiper, service par service.

La chaleur est un risque professionnel

Maux de tête, fatigue inhabituelle, nausées, vertiges, crampes, déshydratation : ces signaux doivent être pris au sérieux. Le coup de chaleur peut constituer une urgence vitale.

L’INRS, référence en santé au travail, rappelle que la chaleur peut constituer un risque dès 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour une activité physique.

Dans nos établissements et services, cela concerne les agents en EHPAD, MDS, RAU, services d’accueil, cuisines, lingeries, mais aussi les locaux mal isolés, insuffisamment ventilés ou exposés plein soleil.

Les obligations de l’employeur existent

Depuis le décret du 27 mai 2025 et l’arrêté du même jour, les épisodes de chaleur intense sont intégrés à la prévention des risques professionnels.

L’employeur doit évaluer les risques liés à la chaleur, puis adapter l’organisation du travail, les postes, les horaires, les temps de repos, l’accès à l’eau fraîche et l’information des agents. Il doit aussi tenir compte de la réalité du terrain : température, activité exercée, lieu de travail, âge et état de santé des agents.

La sortie d’une vigilance rouge ou orange ne doit donc pas conduire à baisser la garde : un local peut rester invivable, une activité physique dangereuse, un agent vulnérable exposé.

Ce que l’UNSA-CASVP demande

L’UNSA-CASVP demande la mise en place, à la DSOL-CASVP, d’un véritable plan fortes chaleurs, discuté avec les représentants du personnel et adapté à la réalité des services.

Ce plan doit prévoir : relevés de température, identification des locaux à risque, mesures de rafraîchissement, adaptation des horaires et des pauses, limitation du travail isolé, protection des agents vulnérables, et arrêt des activités non indispensables lorsque la santé est menacée.

Les agents ne doivent pas rester seuls

En cas de situation dangereuse, les agents doivent signaler les difficultés : hiérarchie, registre santé et sécurité au travail, représentants du personnel, médecine préventive.
Le droit de retrait existe lorsqu’un agent a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Il doit rester un ultime recours, mais il ne peut pas être écarté lorsque la prévention n’a pas été mise en œuvre.

Pour l’UNSA-CASVP, l’objectif est clair : faire cesser le risque avant d’en arriver là.

Adapter le travail au climat qui change

Les fortes chaleurs modifient durablement les conditions de travail. La réponse ne peut donc pas se limiter à quelques bouteilles d’eau ou à des consignes générales.

L’UNSA porte 10 propositions pour renforcer la protection des travailleurs : formation, équipements adaptés, limitation du travail isolé, adaptation des horaires, amélioration thermique des bâtiments, plan canicule négocié localement, et arrêt des activités les plus exposées lorsque la santé des agents est en jeu. http://www.unsa.org

Nous refusons que les agents continuent à travailler comme avant dans un climat qui n’est plus le même. La prévention ne peut pas être tardive ou improvisée : elle doit être anticipée, concrète et adaptée à chaque service.