SÉGUR 3 POUR LES AGENTS SOCIAUX ET MÉDICO-SOCIAUX, OUI MAIS…

Après les deux « annonces » de l’Adjoint à la Maire de Paris en charge des ressources humaines, Monsieur Antoine GUILLOU, le 10 juin dernier aux organisations syndicales, Ville et CASVP, portant sur l’application de l’intégralité des dispositions prévues par le décret du 28 avril de revalorisation salariale de 183€ et de l’extension du dispositif à des personnels, comme les SMS, non expressément visés par les décrets, l’UNSA avait besoin d’y voir plus clair.

« En signe de reconnaissance du caractère essentiel de ces métiers et afin d’en renforcer l’attractivité, les travailleurs sociaux (CSE, ASE, EJE, agents sociaux, psychologues, animateurs, adjoints d’animations, SMS) qui exercent effectivement à titre principal des fonctions d’accompagnement socio-éducatif au sein de  structures sociales (service départemental d’action sociale, protection de l’enfance, PMI, établissements sociaux et médico-sociaux, Centre d’action sociale ou les agents territoriaux exerçant dans des services d’aide à domicile percevront 183 euros mensuels nets. » Madame Seban (IntraParis).

L’attractivité de nos métiers, ce n’est pas seulement l’avenir du secteur médico-social, c’est tout l’avenir de nos collègues au sein du CASVP qui va se jouer dans les prochaines semaines.

Le Ségur a été mis en place sous l’effet d’une nécessité absolue suite à la crise du COVID, avec pour objectif d’améliorer les conditions de travail et d’envisager la hausse des rémunérations promise par le Président de la République. Le manque d’attractivité des métiers du secteur a encore plus mis en évidence son intérêt.

L’administration s’est imaginé qu’il suffirait de cette revalorisation pour « permettre de réduire cette vacance de poste » que Monsieur GUILLOU chiffre à 13% pour les seuls assistants sociaux éducatifs de la Ville.

L’UNSA dit qu’il importe que la direction de la Ville agisse à son tour, en allant plus loin dans ses propositions. Cette nécessité est pressante à tous les points de vue. Elle en a la faculté.

Il paraît que ce qui inquiète les finances de la Ville, c’est l’énormité de la somme que la Ville de Paris va allouer dans le cadre de cette revalorisation salariale du Ségur, « malgré le financement extrêmement partiel par l’État » : 30 millions d’euros par an qui est, sur une année pleine, la revalorisation salariale de 183 euros nets mensuels de ses agents du social et médico-social.

D’après nos calculs, 229€ brut par mois x 12 mois x 4500 agent.es concerné.es = 12 millions 3 + charges patronales, environ 51% ne font que 18 millions 6 € !

De toute façon, comment faire pour suffire à de pareilles dépenses ?

Nous rappelions à Monsieur Guillou le 10 juin que les économies faites avec la réforme du temps de travail, chiffrées à 95 millions par la Cour des Comptes (8 jours perdus pour la filière administrative dont il n’accepte pas la réalité) et celles générées par les postes vacants, constituaient une source d’économie importante.

Signalons surtout qu’il existe des oublié.es de ce Ségur 3 : c’est notamment le cas de métiers administratifs, techniques et logistiques, pourtant également touchés par une crise d’attractivité. Et que la Ville n’a pas consenti d’effort supplémentaire pour les professionnel.les d’établissement petite enfance. Nous appuyons les revendications de nos collègues de l’UNSA petite enfance qui ne comprennent pas leur exclusion de ce dispositif de valorisation et demandent que la prime Ségur soit élargie à l’ensemble des professionnel.les.

Quand il s’agit de conduire, d’assurer le salut et l’avenir de professions, c’est avec des actes forts qu’il convient de se régler… Le Ségur est une avancée importante et marque une étape dans la mise en œuvre de la politique de soutien aux métiers du CASVP. Mais est-ce suffisant pour répondre concrètement aux enjeux d’attractivité et garantir le maintien des ressources, à la pénurie de personnels et aux conditions de travail dégradées que nous connaissons dans nos établissements ? Il existe d’autres solutions : revaloriser davantage les rémunérations, faire évoluer les pratiques managériales, redonner du sens, renforcer l’accès à la formation et favoriser le suivi des carrières… Des travaux doivent être poursuivis en co-construction avec les équipes pour en faciliter l’acceptation. D’importants plans de réformes à mettre en chantier Monsieur Guillou !