RÉFORME DE L’ACCUEIL DES PERSONNES SANS-DOMICILE : INQUIÉTUDES ET INTERROGATIONS

La réforme de l’accueil des personnes sans domicile fixe à Paris soulève des incertitudes quant à son déploiement et à la clarté du projet. Malgré cela, la réforme avance discrètement, sans évaluation approfondie de ses impacts sur les agents des services sociaux, tels que les Permanences sociales d’accueil (PSA), les Espaces Solidarité Insertion (ESI) ou les Espaces Parisiens de Solidarités (EPS) qui pourraient progressivement se voir confier l’accueil d’un nouveau public.

La philosophie du projet, défendue par Madame Filoche, présidente du Conseil d’Administration du CASVP, vise à améliorer l’accueil dans les services sociaux parisiens et à garantir une égalité de traitement pour tous les usagers, quel que soit leur statut. Cependant, la concrétisation de ces idées peut se révéler complexe pour les acteurs politiques et les hauts fonctionnaires, car les discussions et les plans ne correspondent pas toujours à la réalité du terrain.

Le 6 juillet, une réunion de dialogue social a rassemblé l’UNSA et d’autres OS, peu après que Madame Filoche ait annoncé que le projet n’était pas encore d’actualité. Cependant, malgré cette réunion, des questions essentielles restent sans réponse claire :

Effectifs : Le nombre de postes pour les PSA et les ESI n’a pas encore été déterminé. Bien qu’il soit prévu de créer 15 postes budgétaires pour les PSA en 2023, il est essentiel de trouver des candidats appropriés et de réfléchir à leur mission et à leur rattachement.● Territorialisation : Les détails concernant le rattachement des ESI à une PSA en fonction d’un territoire de référence restent flous. ● Répartition de la population : Comment sera répartie la population non prise en charge par les PSA ? Quelle méthode sera utilisée pour affecter les usagers aux EPS ? ● Locaux : Quels changements sont prévus en termes de conditions d’accueil des usagers et de sécurité des agents dans les locaux des PSA, des EPS et des ESI ? ● Mutualisation des moyens : Quels choix cela impliquera-t-il pour les cadres et les agents de terrain ? ● Nouvelles pratiques : Comment sera gérée la mise en place de nouvelles pratiques, comme l’approche de l’aller-vers, qui repose sur le volontariat pour les agents en poste ? De plus, la création d’une équipe mobile de 9 agents est prévue, mais la date de mise en œuvre n’est pas encore déterminée. ● Déontologie : Quelles mesures seront prises pour garantir la protection des données des usagers, notamment avec l’extension du partage d’informations numériques ?

Il est essentiel de mobiliser davantage les professionnels de terrain pour réfléchir à ce projet afin d’éviter la mise en place d’une organisation inadaptée qui négligerait les conditions de travail des agents et la déontologie.

L’UNSA souligne l’urgence de pourvoir les nombreux postes vacants et de recruter des agents pour faire face à la charge de travail excessive des PSA. Il est primordial de donner la priorité à cette étape avant d’engager une réorganisation d’envergure dont les conséquences n’ont pas été évaluées.

Lors des discussions à la SDT (sous-direction des Territoires), il est préoccupant de constater qu’aucune création de poste n’est envisagée pour assurer l’accueil et l’accompagnement effectif du nouveau public, malgré les conditions de travail difficiles dans de nombreux EPS.

Ce schéma illustre les objectifs envisagés dans le cadre de la réforme en cours. BISP (Bureau de l’Inclusion Sociale et des Parcours).

Ce vaste chantier suscite des inquiétudes parmi les agents des PSA, des ESI et des EPS. Il est nécessaire d’adopter une approche prudente et de permettre aux agents de poser toutes les questions nécessaires à leur direction pour éviter la mise en place d’un projet mal-ficelé dont les agents et les usagers feraient les frais sur le terrain. L’UNSA reste disponible pour soutenir les agents et porter leurs préoccupations.