Les incivilités sont inacceptables au CASVP, et leur élimination nécessite un engagement sérieux et des moyens appropriés.
En 2017, le CASVP a mis en place un plan d’action visant à lutter contre les incivilités. Malgré ses imperfections, ce plan représentait une tentative de résolution des difficultés rencontrées par les agents, confrontés à des comportements inciviques de la part des usagers, et même occasionnellement de certains collègues. Ces comportements peuvent varier de propos inappropriés à des actes de violence.
Toutefois, un nouveau plan d’action a été mis en place en juillet 2023 sans aucune évaluation préalable du plan précédent. L’UNSA déplore l’absence d’un bilan exhaustif des actions menées par l’administration au cours des cinq dernières années. Cette lacune crée une ambiguïté, tant pour les agents que pour les syndicats, et soulève des questions quant à la priorité que l’Administration accorde à la sécurité de ses agents.
L’UNSA ne préconise ni une posture sécuritaire excessive, ni une naïveté extrême. Loin d’appeler à une présence constante d’agents de sécurité, l’UNSA soutient plutôt la création de postes de médiateurs sociaux, considérant cette solution comme un élément essentiel qui doit être dûment reconnu et intégré.
L’UNSA reconnaît que la réalité du terrain est complexe et nécessite une approche nuancée. Il est important de capitaliser sur l’expertise des agents et d’explorer diverses options, y compris celles proposées par les agents et les usagers eux-mêmes.
Afin de prévenir les incivilités, l’UNSA suggère une approche en trois étapes :
• D’abord, l’exploitation des témoignages des agents de terrain et des usagers. Ils sont les mieux placés pour signaler les problèmes rencontrés, comme les postes vacants, l’accès inadapté aux établissements, les dysfonctionnements des outils d’accueil et de travail, le manque de confidentialité, l’insuffisance de moyens, les procédures longues et l’automatisation des relations.
• Ensuite, l’engagement à tous les niveaux est important, aussi bien localement qu’au sein des Sous-Directions. Cela nécessite une politique de prévention active, des dialogues réguliers, des enquêtes périodiques, l’adoption de réponses adaptées (par exemple, l’ajustement des horaires d’ouverture ou la priorisation des réponses aux usagers) et des évaluations continues pour améliorer ces mesures.
• Enfin, nous recommandons la mobilisation des ressources locales, y compris celles de la DSOL (médecine préventive, SAM, SPQVT, etc.) et celles disponibles à la Ville, comme la police municipale et les médiateurs, en veillant à la cohérence des pratiques.
L’UNSA s’inquiète de l’engagement sincère de l’exécutif à élaborer une politique de prévention des incivilités véritablement efficace. Nous avons relevé plusieurs incidents où l’administration n’a pas répondu de manière appropriée aux menaces ou aux agressions envers les agents ou les usagers.
L’UNSA considère que, sans vouloir générer de l’alarmisme, la question de la culture de la sécurité au sein des établissements est un sujet qui nécessite une attention approfondie de l’administration.
À titre d’illustration, l’UNSA cite la procédure relative aux incivilités dans le cadre du plan d’urgence hivernal. Selon cette procédure, le référent a le pouvoir de prononcer une sanction en cas d’infraction au règlement. Par exemple, il peut décider d’éloigner temporairement l’individu concerné, pour une durée allant d’une à trois nuits, en cas de coups et blessures, de possession d’armes, de trafic de drogue, de menaces à l’intégrité physique d’un intervenant ou d’un autre hébergé, ou encore de destruction de matériel. Mais cette sanction est-elle proportionnée aux infractions commises ? Assure-t-elle une protection suffisante pour les agents et les autres usagers ? Le référent est-il le plus qualifié pour mettre en œuvre cette mesure ?
Pour l’UNSA, il est essentiel d’établir un équilibre entre la proportionnalité des sanctions et l’implication de la responsabilité de l’usager, tout en garantissant la sécurité des agents et des autres usagers.
