Vingt ans après la mise en place de la première journée dite de solidarité, les ministres Catherine Vautrin et Amélie de Montchalin proposent d’imposer sept heures de travail gratuit supplémentaires par an à tous les salariés. Présentée comme une solution miracle pour combler le déficit de la Sécurité sociale et générer 2 milliards d’euros de recettes, cette mesure est, pour l’UNSA, une nouvelle rustine inacceptable conçue sur le dos des salariés.
Une contribution forcée et inégalitaire
Ce dispositif, qui s’ajouterait à la journée de solidarité existante, illustre une vision inéquitable où les salariés et les agents publics seraient les seuls à porter le poids des déficits sociaux.
D’après le Sénat, cette « contribution de solidarité par le travail » pourrait être déclinée de manière « souple » : un jour complet, dix minutes par semaine ou deux minutes par jour, selon les choix des employeurs et des partenaires sociaux.
En contrepartie, les employeurs verraient leur contribution augmentée de 0,3 % à 0,6 % : un ajustement mineur face à l’effort disproportionné demandé aux salariés.
Pour l’UNSA, cette mesure repose sur une logique déséquilibrée, qui ignore les causes structurelles des déficits et leur financement équitable.
Des solutions alternatives existent
Le vieillissement de la population et les défis liés au grand âge nécessitent des réformes structurelles, pas des mesures punitives pour les salariés et les agent.es publics.
L’UNSA propose :
- Une taxation accrue des revenus financiers, notamment concernant les bénéfices des EHPAD lucratifs.
- La fin de certaines exonérations sociales qui privent la Sécurité sociale de ressources essentielles.
- Une loi de programmation pluriannuelle sur le grand âge, promise mais sans cesse repoussée.
Ces solutions, équitables et durables, répondraient aux enjeux sans sacrifier les salariés.
Pour l’UNSA, il est urgent de construire des solutions collectives à travers une conférence des financeurs.
Les salariés du privé et les agents publics ne peuvent être les seuls contributeurs.
L’UNSA appelle les salariés à rejeter cette mesure et à exiger des réformes équitables et solidaires. Travailler gratuitement n’est pas une solution, mais une impasse : bâtissons ensemble un système qui respecte les efforts de chacun.
