ENDOMÉTRIOSE : LA VILLE DE PARIS DOIT SE SAISIR DE CE PROBLÈME DE SANTÉ

L’endométriose est une maladie inflammatoire et chronique qui touche près de 10 % des femmes en âge de procréer. Elle impacte fortement leur quotidien, tant sur le plan personnel que professionnel, entraînant des douleurs invalidantes et une fatigabilité accrue. Pourtant, cette réalité reste encore largement ignorée dans le monde du travail.

Déposée en avril 2023, une proposition de loi visait à instaurer un congé menstruel pour les femmes atteintes d’endométriose. Elle prévoyait jusqu’à deux jours d’arrêt de travail par mois, indemnisés sans carence. Cette mesure aurait permis de mieux accompagner ces travailleuses face à une maladie encore trop souvent banalisée.

Pourtant, le 15 février 2024, le Sénat a rejeté cette proposition, bien que certaines collectivités et des entreprises l’ont déjà mise en place.

Des initiatives locales montrent la voie

La ville de Grenoble a mis en place une autorisation spéciale d’absence (ASA) allant jusqu’à 15 jours par an pour les agentes concernées. Poitiers l’a adoptée depuis le 1er janvier 2025.

La ville de Saint-Brieuc a instauré un « congé endométriose » avec 13 jours flottants annuels et des aménagements de poste. Cette dernière réflexion intègre également d’autres pathologies invalidantes.

Un vœu du Conseil de Paris relatif à l’expérimentation d’un congé menstruel pour les agentes de la Ville de Paris a été déposé et reçu par le représentant de l’Etat le 28 mars 2023.

Un combat plus large pour la reconnaissance des pathologies chroniques

L’endométriose n’est pas la seule maladie chronique qui affecte la vie professionnelle.

Fatigue chronique, pathologies rhumatologiques, migraines sévères : ces affections pénalisent des milliers de travailleurs.

L’exemple de Saint-Brieuc montre la pertinence d’une démarche plus large pour reconnaître l’impact des pathologies chroniques sur la capacité de travail.

Pour un congé sanitaire et des aménagements adaptés

Plutôt que de se limiter à l’endométriose, l’UNSA CASVP porte une revendication plus large et attend des actes concrets de l’administration, au-delà des discours de façade :

  • Création d’un congé sanitaire pour les agents atteints de pathologies invalidantes reconnues, sur le modèle des dispositifs déjà en place pour les femmes enceintes.
  • Adaptation du temps de travail, avec des horaires assouplis et des pauses régulières selon l’état de santé.
  • Prise en compte des besoins spécifiques, notamment par l’aménagement d’espaces de repos adaptés.

Le CASVP et la Ville de Paris multiplient les déclarations vertueuses, mais tardent à mettre en œuvre des mesures concrètes.

Pendant ce temps, les agents concernés continuent de subir l’absence de dispositifs adaptés et une invisibilisation de leurs difficultés.

Il est temps de passer des paroles aux actes !

L’ensemble des représentants du personnel doit pousser l’administration à cesser l’inaction et à inscrire ces sujets dans les discussions des instances paritaires.

L’UNSA revendique une politique réelle de reconnaissance et d’accompagnement des agents atteints de pathologies chroniques. C’est une question d’équité, de dignité et de justice sociale.