RECRUTEMENTS À L’ARRÊT À LA VILLE : UNE PÉNURIE ORGANISÉE

Depuis plusieurs semaines, les recrutements sont à l’arrêt. Les consignes sont claires: plus de CDD sans avoir épuisé toutes les voies internes mutation, détachement, reclassement. Résultat: des contrats retardés, bloqués, annulés. Même sur des postes prioritaires. Ce n’est plus un simple ralentissement : c’est un gel assumé… mais jamais avoué.

Un gel de fait : les chiffres ne mentent pas

Le RSU 2024 du CASVP indique un taux de vacance des emplois budgétaires de 13,7%, contre 11,6 % en 2023. Le nombre de contractuels sur emploi permanent a diminué de 6,7%, passant de 884 à 825 en un an. Mais ce que les chiffres annonçaient s’est confirmé mi-2025 : les recrutements sont désormais encadrés de façon beaucoup plus stricte, avec un filtrage systématique des candidatures externes. Des consignes orales ont suffi à produire un effet de gel, y compris sur des postes pourtant jugés prioritaires.

Des recrutements filtrés, pas assumés

La Ville ne parle pas de gel, mais de « priorisation ». Selon les déclarations en instance, il n’y aurait pas de consigne générale, mais une vigilance accrue sur les métiers « sans tension avérée ».

Ce flou entretient un double discours : aux directions, on parle de gel ; en instance, on minimise.

Derrière la formule technocratique de « priorisation des mobilités internes », une réalité : des délais d’affectation allongés, des plannings déstabilisés, des équipes sous pression.

Ce n’est pas une gestion responsable, c’est un décalage assumé entre les besoins et les moyens — une manière déguisée de freiner les recrutements, sans jamais l’admettre.

Des conséquences très concrètes

Des renouvellements de CDD annulés ou suspendus sans préavis

Des postes pourtant budgétés laissés vacants pendant des mois

Des candidats rappelés pour leur annoncer l’annulation de leur prise de poste

Des plannings à gérer en flux tendu, avec des remplacements improvisés

Pendant ce temps, les réorganisations continuent, les projets s’accumulent, et les agents doivent pallier les absences. Remplacer un poste vacant, ce n’est pas gratuit. C’est une surcharge qui épuise.

Contexte budgétaire : pourquoi cette situation ?

Dans un contexte de forte hausse des dépenses de fonctionnement observée au niveau des collectivités, de déficit municipal estimé à 120 M€ en 2024, d’une ponction exceptionnelle de 275 M€ imposée par l’État, et d’une dette proche de 9,3 milliards d’euros, la Ville applique une stratégie de réduction de la masse salariale. Mais sans communication formelle, les décisions RH se prennent au cas par cas, dans la confusion, au détriment des agents et des services.

Ce que l’UNSA demande : un cadrage clair, transparent et opposable

Un état des lieux consolidé des effectifs budgétaires et réels, par sous-direction et par service

Une communication officielle sur la politique de recrutement

Un engagement à pourvoir les postes déjà ouverts, notamment dans les secteurs sociaux et médico-sociaux.

Des inflexions annoncées, à suivre de près

En instance, l’administration s’est engagée à assouplir les consignes de recrutement dans les secteurs jugés prioritaires (social, médico-social…). Des effets correcteurs sont attendus dans les jours qui viennent. Il faudra vérifier que cet engagement est tenu, service par service.

L’UNSA continuera d’interpeller la direction sur chaque situation bloquée. Il est temps que la Ville assume ses choix RH et mesure leur impact concret sur les services. Les agents n’ont pas à faire les frais d’une stratégie dissimulée. Contactez-nous. Chaque situation compte. Chaque agent a droit à une réponse claire.