HARCÈLEMENT AU TRAVAIL : AUCUN STATUT N’EST ÉPARGNÉ

Le quotidien de certains agents est marqué par le harcèlement subi sous ses multiples formes, qu’il provienne de collègues ou de la hiérarchie. L’UNSA rappelle que le harcèlement moral est un délit. Il se définit par des propos ou comportements répétés ayant pour effet de dégrader les conditions de travail, d’altérer la santé physique ou mentale, et de compromettre l’avenir professionnel de la victime.

L’UNSA constate une recrudescence des situations de harcèlement, tous statuts confondus.

Ce constat contraste avec le faible nombre de signalements officiels : beaucoup d’agents n’osent pas témoigner ou ne savent pas comment le faire.

Des questions qui demeurent

  • Les moyens du Service Prévention et Qualité de Vie au Travail (SPQVT) sont-ils suffisants pour répondre à la réalité du terrain ?
  • Les agents et encadrants sont-ils formés pour reconnaître, prévenir et traiter les situations de harcèlement ?
  • Les pressions hiérarchiques et les objectifs irréalistes ne favorisent-ils pas, parfois, le glissement vers des comportements de harcèlement entre collègues ?

Un cadre juridique clair

Depuis le décret n° 2020-256 du 13 mars 2020, chaque collectivité doit mettre en œuvre un dispositif de signalement et de traitement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement sexuel ou moral et d’agissements sexistes.

Ce dispositif, effectif depuis le 1er mai 2020, doit être accessible, confidentiel et efficace, afin que chaque agent puisse signaler les faits sans crainte de représailles.

Au CASVP, ce dispositif n’a été mis en place qu’en décembre 2024, soit près de quatre ans après le décret, associant le SLRH, la Médecine de prévention et la Mission d’enquêtes administratives.

En dix mois, seuls quinze signalements ont été recensés — un chiffre faible au regard de la réalité vécue dans les services.

Le dispositif reste encore peu connu et insuffisamment identifié par les agents.

Un phénomène souvent lié à l’organisation du travail

Les travaux de référence (Heinz Leymann, Marie-France Hirigoyen, Christophe Dejours…) rappellent que le harcèlement ne relève pas uniquement de comportements individuels.

Il trouve souvent sa source dans un contexte organisationnel dégradé, marqué par la perte de sens du travail, l’isolement des agents et un management par la peur ou la pression.

Ces dérives altèrent la solidarité, détruisent les collectifs et laissent les victimes dans un sentiment de solitude et d’impuissance.

Des chiffres qui interpellent

Selon La Gazette des communes (« les multiples visages du harcèlement moral » du 14 mars 2023), 8 % des agents du secteur public reconnaissent avoir été auteurs de faits de harcèlement, dont 30 % de managers.

Mais 50 % des cadres déclarent également en avoir été victimes.

Ces chiffres traduisent une réalité : ceux qui portent les changements et les responsabilités sont aussi les plus exposés aux tensions et à la pression institutionnelle.

Pour l’UNSA, la lutte contre le harcèlement moral ne peut se limiter à la réaction. Elle doit reposer sur une prévention active, une formation systématique des agents et des encadrants, et une prise en charge pluridisciplinaire des situations. Aucune fonction, aucun grade, ne protège du harcèlement. Et aucune victime ne doit se sentir seule.