JOURS DE CARENCE : LES CHIFFRES CONTREDISENT LES ARGUMENTS

Les débats autour du Budget 2026 ont ravivé une vieille antienne : celle des « jours de carence » dans la fonction publique. Un amendement porté par plusieurs députés, dont Guillaume Kasbarian, propose d’instaurer trois jours de carence pour les seuls agents de la fonction publique territoriale (FPT), contre un actuellement. Motif invoqué : un taux d’absence plus élevé dans la FPT que dans les autres versants de la fonction publique.

Les faits contredisent le discours

Pourtant, les chiffres du rapport annuel de la DGAFP comme ceux du CASVP racontent une autre histoire.

En 2024, la part des agents absents au moins un jour pour raison de santé est en baisse dans la FPT, à 6 %, et l’écart avec le secteur privé se réduit fortement.

Les absences pour raison de santé ont diminué de 0,9 jour dans la fonction publique entre 2023 et 2024, tandis qu’elles augmentent dans le privé (+0,3 jour).

Les chiffres du CASVP

Au CASVP, la tendance est encore plus nette :

  • Le nombre total de jours d’absence (tous motifs confondus) a diminué de 7,7 % sur un an : 158 720 jours en 2024 contre 171 922 jours en 2023.
  • Le nombre d’agents absents au moins un jour est passé de 4 244 à 3 943, soit une baisse de 7 %.
  • En moyenne, on compte 26,3 jours d’absence par agent en 2024 contre 28,4 jours en 2023.
  • Les absences pour raison de santé, qui représentent plus de 8 absences sur 10, sont elles aussi en légère baisse : –3,5 % en jours et –3 % en nombre d’agents.

Ce que montrent ces données

Les absences pour raison de santé reflètent avant tout l’impact des conditions de travail : usure physique, horaires décalés, exposition à la pénibilité, vieillissement des effectifs.

Les agents du CASVP, comme l’ensemble des territoriaux, ne sont pas plus absents que les salariés du privé à conditions comparables — ils sont simplement plus exposés.

Pour l’UNSA CASVP, la priorité doit rester la prévention et l’amélioration des conditions de travail, pas la sanction. Plutôt que de rallonger les jours de carence, il faut agir sur les causes réelles : charge de travail, pénibilité, santé au travail et accompagnement des parcours professionnels. Pas de pénalisation pour maladie.