SHUTDOWN, RUMEURS ET PEUR ORGANISÉE : METTONS LES CHOSES AU CLAIR

Depuis plusieurs semaines, des comparaisons circulent entre la situation budgétaire de la Ville de Paris et le « shutdown » américain. Certains laissent même entendre qu’un blocage pourrait, d’ici la fin de l’année, entraîner une suspension des rémunérations.

Ce discours est infondé et détourne l’attention des vrais enjeux.

Relayé par certains encadrants ou sous-directions, il crée un malaise inutile parmi les agents.

Rappel : qu’est-ce que le « shutdown » américain ?

Aux États-Unis, le budget fédéral doit être voté chaque année par le Congrès.

En cas de désaccord politique, l’État fédéral n’a plus d’autorisation de dépense : des services « non essentiels » ferment et des milliers de fonctionnaires sont placés en congé sans solde.

Ce mécanisme est propre aux institutions américaines.

Il n’a aucun équivalent dans le droit public français.

Pas de « shutdown » dans la fonction publique territoriale

Le droit français ne permet pas à une collectivité de suspendre la paie de ses agents pour raisons budgétaires.

Le traitement est une obligation statutaire, versée quelles que soient les contraintes financières.

Les collectivités peuvent différer des projets ou geler des recrutements.

Elles ne peuvent pas interrompre la rémunération des agents.

Entretenir la peur n’est pas un mode de gestion

Dans certaines sous-directions, le budget est présenté comme tellement contraint qu’il serait inutile de formuler des demandes ou de relancer des réclamations portant sur les moyens.

À cela s’ajoutent des messages plus anxiogènes laissant entendre que la fin d’année pourrait poser problème pour la rémunération des agents.

Ces discours ne reposent sur aucune base juridique.

Ils installent une inquiétude inutile alors que les agents ont besoin d’informations fiables.

Agiter l’idée d’un risque de non-paiement n’a pas sa place dans un service public.

Des difficultés budgétaires, oui… mais sans rapport avec les rumeurs de shutdown

Les contraintes financières de la Ville de Paris sont réelles : vacances de postes, recrutements filtrés, décisions retardées, arbitrages serrés.

Nous l’avons déjà signalé dans notre publication de juin 2025 sur le gel des recrutements.

Mais ces difficultés, aussi sérieuses soient-elles, ne peuvent en aucun cas remettre en cause la garantie du traitement.

Elles n’ont rien à voir avec un mécanisme de type « shutdown ».

Le reste n’est que rumeur ou mise en scène entretenue par certains encadrants à court d’arguments.

L’UNSA continuera de demander des informations budgétaires précises et compréhensibles par tous. Nous veillerons à ce que chaque agent sache exactement où en est réellement la situation, sans dramatisation ni discours alarmistes. Et nous le répéterons clairement : la rémunération statutaire est un droit. Elle ne peut pas servir d’ajustement budgétaire.