VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES : DES ENGAGEMENTS … ET QUOI DE CONCRET ?

Chaque 25 novembre, la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes rappelle une évidence : les agentes restent exposées, parfois quotidiennement, dans des métiers féminisés où l’on accueille, soigne, accompagne, conseille, rassure… et parfois subit.

Depuis 2018, les textes existent. Depuis 2020, les obligations existent. Depuis janvier 2025, la DSOL a officiellement « mis en place » un dispositif de signalement.

Parallèlement, l’administration produit des plans d’action épais, structurés, détaillés.

Sur le papier : un volontarisme impeccable.

Sur le terrain : une réalité beaucoup plus nuancée.

Des dizaines d’actions annoncées… mais une constante : « en cours », « non débuté », « à finaliser »

Le plan transmis par l’administration de la DSOL coche toutes les cases :

  • formations à tout (du PSSM à la communication non violente en passant par la gestion de crise),
  • fiches réflexes en cascade,
  • guides d’accueil, diagnostics,
  • cartographies,
  • réseaux d’encadrants intermédiaires,
  • outils de sensibilisation « innovants » annoncés mais jamais sortis des cartons,
  • doctrine commune (à élaborer),
  • systèmes d’alerte (à tester),
  • procédures VSS (à stabiliser),
  • retours d’expérience (à structurer)

Autrement dit, beaucoup d’ingénierie administrative, très peu de mesures visibles pour les agentes.

Pendant que les lignes budgétaires et les échéanciers s’alignent en PowerPoint, les procédures restent floues, les référent·es difficiles à identifier, les formations incomplètes, les systèmes d’alerte théoriques et les dispositifs de protection… en devenir.

Une obligation de sécurité qui n’avance pas au rythme des documents

Les documents le disent eux-mêmes, entre les lignes : dispositifs de signalement peu visibles, outils non finalisés, hiérarchie encore centrale, retours d’expérience sporadiques, absence de chiffres, systèmes d’alerte pas opérationnels partout.

Pendant ce temps, les agentes travaillent dans des environnements où la prévention repose trop souvent sur la bonne volonté individuelle ou l’équilibre instable d’équipes déjà surchargées.

La sécurité au travail n’est pas une « action à échéance 2026 ». C’est une obligation immédiate.

Ce que l’UNSA CASVP attend — maintenant, pas dans deux ans

À partir des éléments transmis, nous demandons des mesures qui fonctionnent en vrai, dans les sites :

  • un dispositif indépendant et identifiable, pas un fichier à dénicher sur IntraParis ;
  • un signalement sécurisé, sans filtre hiérarchique ;
  • des chiffres publiés chaque année : signalements, délais, suites ;
  • des systèmes d’alerte réellement opérationnels, testés et vérifiés ;
  • des encadrants formés, pas juste inscrits dans un tableau 2025-2026 ;
  • la suppression du jour de carence pour les victimes et des aménagements immédiats ;
  • des procédures simples, connues et réellement utilisables.

Parce qu’à ce stade, l’écart entre les annonces et les faits devient un sujet en soi.

Les violences ne sont pas un « risque du métier ». Elles sont un échec de prévention. Le 25 novembre n’est pas une date d’affichage. C’est un rappel : les violences sexistes et sexuelles ne se règlent pas avec des tableaux ou des échéances, mais avec des actes concrets, visibles, protecteurs. Les agentes ne demandent pas des colonnes « en cours ». Elles demandent que la tolérance zéro devienne enfin une réalité.