À l’approche de décembre, une situation bien connue se répète : les heures de travail s’enchaînent, les 27 jours de RTT sont épuisés, et l’on entre dans cette période où les agents finissent par travailler gratuitement. À la DSOL comme à la Ville de Paris, ce phénomène est si ancien qu’il est devenu presque invisible. Invisible… mais bien utile.
Des propositions construites, une absence de réponse
L’an dernier, face à ce constat, l’UNSA avait formulé une demande simple et réaliste :
– créer un contingent d’heures récupérables,
– ouvrir un droit à RTT hors quota, accessible sous conditions.
Et, à défaut, l’UNSA proposait au moins de reconnaître toutes ces heures réellement travaillées pour en faire bénéficier les agents dont les difficultés personnelles lourdes empêchent une continuité de travail normale, avec des conséquences financières qui aggravent encore leur situation.
Un dispositif juste, encadré, pensé pour soutenir celles et ceux qui en ont réellement besoin.
La réponse ? Aucune. Pas un mot.
« Aider », un mot qui change de sens selon qu’on parle des usagers… ou des agents
La DSOL aime rappeler qu’elle doit aider : les usagers, les plus fragiles, ceux pour qui l’action publique est indispensable.
Mais lorsqu’il s’agit des agents, ce même mot devient secondaire, technique, évité.
Après tout, compter sur l’engagement des agents pour « tenir le service » reste l’option la plus confortable pour boucler les budgets.
Un « treizième mois » offert par les agents : un modèle qui s’épuise
C’est un fait : chaque année, de nombreux agents offrent un treizième mois de travail à leur employeur.
Sans compensation. Sans reconnaissance. Sans visibilité.
Est-ce tenable ? Non.
Les difficultés de recrutement, la fuite des nouveaux collègues et l’impossibilité de fidéliser les équipes montrent clairement que l’abnégation silencieuse ne suffit plus.
Les agents refusent désormais d’être vus comme corvéables, modulables, déplaçables, assignés à exécuter sans compter.
Obligations, oui. Sacrifices invisibles, non.
L’UNSA rappelle que chacun doit remplir ses obligations, mais jamais au prix de ses droits.
Être agent du service public ne signifie pas :
– accepter une médecine du travail affaiblie ;
– accumuler des heures non rémunérées ;
– devenir une variable d’ajustement budgétaire.
Le service public ne tient pas sur le renoncement des agents
Le constat est clair :
- On ne protège pas le service public en épuisant ceux qui le font vivre.
- On ne maintient pas sa qualité en laissant dériver les pratiques.
- On ne répond pas aux enjeux sociaux en misant sur la résignation.
L’UNSA le redira aussi souvent que nécessaire : un service public solide commence par la reconnaissance de ceux qui le portent. Le treizième mois offert à l’employeur n’a aucune place dans une administration responsable.
