RÉMUNÉRATION DES AGENTS PUBLICS : QUELLES PERSPECTIVES POUR 2026 ?

Au 1er janvier 2026, le SMIC a été revalorisé de 1,18 %, pour atteindre 1 823,03 € brut par mois (12,02 € brut de l’heure). Dans la fonction publique, en revanche, cette revalorisation ne s’accompagne d’aucune mesure générale sur les rémunérations. Cette situation entraîne mécaniquement la mise en place d’une indemnité différentielle et rend nécessaire l’actualisation des grilles indiciaires applicables en 2026.

Point d’indice gelé et indemnité différentielle

Le minimum de traitement dans la fonction publique reste fixé à l’indice majoré 366, soit 1 801,74 € brut mensuels, la valeur du point d’indice demeurant gelée à 4,92278 € depuis juillet 2023.

Les agents dont la rémunération indiciaire est inférieure à l’indice majoré 371, seuil correspondant au niveau du SMIC, percevront une indemnité différentielle mensuelle destinée à compenser cet écart.

Ce mécanisme confirme une situation figée : le rattrapage par indemnité remplace toute revalorisation générale des rémunérations.

Un pouvoir d’achat toujours sous pression

Dans un contexte d’inflation persistante, l’absence de revalorisation du point d’indice pèse durablement sur le pouvoir d’achat des agents publics.

Après deux années sans augmentation, l’écart avec le coût de la vie continue de se creuser.

Les grilles indiciaires 2026 du CASVP sont accessibles en ligne

Elles sont structurées de la manière suivante :

– Grade : échelon et, le cas échéant, échelon spécial selon la situation de l’agent ;

– Indice brut de rémunération : jusqu’à 1027, ainsi que les indices hors échelle ;

– Indice majoré : calculé en référence à la grille de concordance modifiée par le décret du 28 juin 2023 ;

– Durée d’avancement : délais applicables entre chaque échelon ;

– Montant du traitement brut et de l’indemnité de résidence correspondante.

Un projet de loi sur la fonction publique sans réponse concernant les rémunérations

Le gouvernement présentera en janvier 2026 un projet de loi intitulé « portant diverses mesures urgentes de sécurisation du droit de la fonction publique ».

Ce texte sera soumis pour avis aux organisations syndicales le 13 janvier, à l’occasion du Conseil commun de la fonction publique (CCFP), dans le cadre du dialogue social national. Il s’agit d’une première phase d’échanges avant la présentation du texte au Parlement.

Très court — six articles seulement — ce projet de loi vise principalement à sécuriser et harmoniser plusieurs dispositions législatives fragilisées par des décisions récentes du Conseil constitutionnel.

Il prévoit notamment de :

● faciliter la conclusion de contrats à durée indéterminée (CDI) pour les agents contractuels de la fonction publique de l’État ;

● inscrire dans la loi un « droit de se taire » pour les fonctionnaires dans le cadre des procédures disciplinaires ;

● pérenniser la procédure de titularisation des apprentis en situation de handicap, dont l’expérimentation est arrivée à échéance, afin de renforcer l’inclusion dans la fonction publique.

Ces discussions interviennent dans un contexte particulièrement tendu, marqué en 2025 par plusieurs reculs sociaux, notamment la baisse de la rémunération des agents en congé pour raison de santé.

Dans ce cadre, la nécessité de mettre fin au gel du point d’indice, d’engager une revalorisation des carrières afin de préserver le pouvoir d’achat des agents publics, et de renforcer les droits sociaux — en particulier en matière d’arrêts maladie et de protection sociale complémentaire — demeure entière.