2026 s’annonce comme une année charnière : la fin de mandature pousse la DSOL à faire aboutir, coûte que coûte, plusieurs projets sociaux. Personne ne conteste la légitimité du politique. Mais les organisations syndicales ont pour rôle de rappeler les réalités de terrain, et la Direction générale devrait faire remonter les difficultés — voire les empêchements — à la mise en œuvre.
Sur ce point, le doute est permis. L’UNSA explique pourquoi.
Réforme des PSA : l’intention, puis la réalité
La réforme des PSA devait permettre un accueil élargi et une meilleure répartition des publics entre établissements, au nom de « l’accueil inconditionnel ».
Aujourd’hui, malgré des créations de postes, le délai d’attente avant accompagnement social remonte à 7 mois minimum, avec un « stock » d’attente massif.
En MDS, accueillir sans pouvoir accompagner
Dans les MDS, l’accueil inconditionnel conduit à recevoir des publics sans perspective d’accompagnement sur place. Après évaluation, l’orientation via la commission (BISP) renvoie vers une PSA… où l’accompagnement ne pourra pas démarrer avant de longs mois.
Résultat : MDS et PSA doivent « gérer » l’attente, tout en expliquant à l’usager qu’il « va être suivi dès que possible », alors même que l’organisation ne permet pas de le recevoir dans des délais respectables.
Domiciliation : mission utile, volume ingérable sans moyens
Paris compte plus de 100 000 domiciliations administratives. La Ville en assure une part importante, notamment via Paris Adresse (environ 15 000).
Si la mission est pertinente, le volume est tel que les PSA et les ESI ne peuvent pas proposer un accompagnement à chacun.
Pourtant, la SDILE ambitionne une amélioration sur ce point pour une partie des personnes domiciliées à Paris Adresse, dont il est estimé qu’elles ne bénéficient pas de suivi. Avec quels moyens ?
Et la pression va encore monter :
- le volume de domiciliations devrait augmenter, sous l’effet des orientations de l’État comme de la Ville ;
- un Paris Adresse 2 est envisagé, avec 15 000 places supplémentaires en 2027 ;
- la Direction évoque, là encore, la mise en place d’un accompagnement social — au moins un accès aux droits — pour les personnes qui n’en bénéficient pas.
Personne n’est contre l’aide aux personnes en difficulté. Le sujet, ce sont les moyens, les limites et la cohérence.
Paris Adresse : l’inquiétude des agents ne peut pas être balayée
Les agents de Paris Adresse tiennent le service, et s’inquiètent pour leur avenir. Après des conditions de travail extrêmes, une amélioration relative est enfin apparue depuis quelques mois.
Et voilà qu’un nouveau projet « pharaonique » se profile, avec des injonctions aux « bonnes intentions », quand les équipes attendent surtout : écoute réelle, réponses concrètes, traitement bienveillant des difficultés.
L’UNSA alerte : une pensée magique ne fait pas un projet. Un projet mal construit est voué à l’échec. Et mépriser l’expertise des professionnels, c’est prendre la responsabilité d’un dispositif qui s’écrase sur le réel. Ce n’est pas un projet : c’est un pari.
