La Cour des comptes le confirme : des moyens existent, mais l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap et la sécurisation des parcours restent insuffisants. Pour l’UNSA, l’inclusion ne se résume pas à des chiffres : elle doit garantir des conditions de travail adaptées, un accès réel à la formation et un maintien durable dans l’emploi.
Un constat national qui oblige à regarder la réalité en face
Malgré les dispositifs existants, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap reste nettement inférieur à celui de l’ensemble de la population, et le chômage demeure plus élevé.
La Cour des comptes rappelle aussi que l’obligation d’emploi (6%) est encore trop souvent contournée.
Certains employeurs préfèrent s’acquitter d’une contribution plutôt que recruter.
Au-delà des chiffres, le rapport pointe une mécanique affaiblie (règles complexes, procédures lourdes, gouvernance éclatée) : des moyens existent, mais les effets ne suivent pas.
Fonction publique : des progrès, mais des écarts et des angles morts
Dans la fonction publique, le taux d’emploi progresse, porté par les outils du FIPHFP. Mais des écarts persistent, et le maintien dans l’emploi reste le point faible.
Au CASVP, le RSU 2024 recense 398 agents reconnus au titre de l’obligation d’emploi (BOE) fin 2024, pour un taux d’emploi de 7,06%. Évolution : 8,69% (2021) → 7,06% (2024).
Se rapprocher de l’objectif des 6% — ou le dépasser — ne suffit pas si, dans le même temps, des agents se retrouvent freinés dans leur parcours ou contraints de « tenir » au prix de leur santé.
CASVP : l’inclusion ne se décrète pas, elle s’organise
Au CASVP, l’inclusion se joue dans le quotidien du travail.
Cela renvoie à des difficultés concrètes :
• aménagements de poste tardifs ou partiels, faute d’anticipation et de circuits clairs ;
• démarches longues et parfois décourageantes ;
• parcours qui se figent (formation, mobilité, évolution) au lieu d’être sécurisés ;
• collectifs qui compensent quand l’organisation ne suit pas.
Le sujet n’est donc pas seulement le recrutement : c’est la qualité du parcours (intégration, conditions de travail, maintien dans l’emploi, reconnaissance, perspectives).
Les demandes de l’UNSA CASVP
Ces constats imposent un changement de cap : passer d’une logique « de case à cocher » à une logique de parcours.
Nous demandons :
• Un référent handicap avec des moyens réels : lettre de mission, temps dédié, capacité d’action, articulation RH/prévention/encadrement.
• Une procédure lisible et des délais garantis : instruction, réponse écrite, suivi, traçabilité. Une demande d’aménagement ne peut pas rester suspendue.
• Un pilotage centré sur la qualité de l’emploi : formation, mobilité, promotions, reclassement, maintien dans l’emploi.
• Une articulation systématique avec la santé au travail : prévention, médecine de prévention, ergonomie, restrictions, aménagements, sans renvois entre services.
• Un engagement employeur sur les parcours : trajectoires dignes, sans mise à l’écart, sans « placardisation », sans assignation durable à des postes déqualifiés.
Des moyens existent. Des textes existent. Ce qui compte, c’est ce que vivent les agents. L’emploi et le handicap ne peuvent pas rester un sujet « à part » : aménagements effectifs, parcours sécurisés, droits respectés, reconnaissance des compétences.
