TÉLÉTRAVAIL : DES EFFETS CONCRETS… SI LES MOYENS SUIVENT

Fin février 2026, une analyse de la DGAFP (à partir de l’enquête TraCov2 – Dares, 2023) met en évidence un point clair : dans la fonction publique, le télétravail est moins pratiqué que dans le privé, mais ses effets positifs sur les conditions de travail sont plus marqués quand il est réellement mis en œuvre.

Ce que montre l’étude DGAFP

Pour les emplois compatibles :

  • Télétravail moins fréquent dans le public : 54 % des agents publics concernés y recourent, contre 67 % dans le privé.
  • Quand il est pratiqué, les bénéfices sont plus nets dans la fonction publique, en particulier :
    • moins de pression : 41 % (public) vs 26 % (privé) ;
    • moins d’interruptions : 62 % vs 51 % ;
    • organisation du travail facilitée : 36 % vs 33 %.
  • Mais l’étude rappelle aussi deux limites très concrètes :
    • moyens matériels qui se dégradent (environ un tiers ; 36 % dans le public) ;
    • coopération qui peut se fragiliser (16 %), avec un impact plus fort chez les plus jeunes.

Au CASVP : une progression sur les postes compatibles (RSU 2024)

Le CASVP regroupe de nombreux métiers en présentiel (EHPAD, aide et soins à domicile, accueil, terrain). Le télétravail ne concerne donc que les fonctions compatibles.

Sur ce périmètre, les effectifs en télétravail régulier progressent :

  • 2022 : 1 594 agents
  • 2024 : 1 818 agents+14 % en deux ans (et +5,3 % entre 2023 et 2024).

Quelques repères utiles (pour situer, sans noyer sous les chiffres) :

  • Le télétravail se fait quasi exclusivement au domicile : 99,5 % au domicile principal en 2024.
  • Les organisations varient nettement : près de 4 agents sur 10 sont en jours flottants uniquement, environ 1 sur 3 en jours fixes uniquement, le reste en mix fixes + flottants.

D’où des besoins de cadrage clairs, adaptés aux réalités des équipes.

Ce que ces constats impliquent au CASVP

L’étude DGAFP met en avant des gains possibles (pression, interruptions, organisation).

Elle rappelle aussi que rien n’est automatique.

Au CASVP, un télétravail utile suppose :

  • des moyens matériels et applicatifs fiables (poste, accès, téléphonie, assistance) : sinon, le télétravail devient perte de temps, irritants, tensions ;
  • des règles d’équipe lisibles, surtout quand les jours sont flottants : coordination, continuité de service, équité ; sur ce point, des progrès restent à faire, au vu du nombre de sollicitations et de demandes de clarification que nous recevons.
  • un collectif protégé : prévenir l’isolement et la dégradation de la coopération, notamment pour les nouveaux arrivants et les plus jeunes.

Le télétravail n’est pas un privilège, contrairement à ce qu’on entend trop souvent. C’est une organisation du travail. Quand les moyens suivent, il réduit la pression et les interruptions. Quand ils ne suivent pas, il déplace les difficultés (outils, accès, isolement) et les fait payer aux agents. Au CASVP, la progression du télétravail sur les postes compatibles impose une exigence simple : équiper, cadrer, protéger le collectif. Sinon, le télétravail perd son sens.