TEMPS DE TRAVAIL EN EHPAD, BASCULE DES CYCLES : ATTENTION À L’ABUS

Depuis la mise en place de la variabilité des cycles, une dérive se confirme dans certains établissements : ce qui devait relever d’une souplesse encadrée tend à devenir un outil de gestion ordinaire des plannings. Derrière les échanges matin / après-midi, les décalages d’horaires ou de repos, c’est une même logique qui s’installe : faire tenir le service en reportant les difficultés sur les agents. L’UNSA alerte sur cette utilisation de plus en plus extensive du dispositif.

Un déséquilibre au détriment des agents

Le texte prévoit qu’un agent qui souhaite une modification de cycle doit l’anticiper.

En revanche, jusqu’au 15 du mois précédent, l’encadrement peut modifier un cycle sans accord préalable de l’agent pour nécessité de service.

Ce déséquilibre est évident

La souplesse n’est pas organisée de la même manière selon qu’elle profite à l’agent ou à la hiérarchie.

Ce qui est présenté comme un outil d’adaptation peut alors devenir un moyen commode de réorganiser les plannings sans véritable marge de refus pour les équipes.

La nécessité de service ne peut pas tout couvrir

L’UNSA ne conteste pas l’existence de la nécessité de service. Mais cette notion ne peut pas servir à justifier des modifications répétées pour compenser les absences, les postes vacants, les difficultés de recrutement ou l’insuffisance des remplacements.

Une souplesse prévue par les textes n’a pas vocation à devenir un mode de gestion du sous-effectif.

Quand les bascules se multiplient, il ne s’agit plus d’un ajustement ponctuel. Il s’agit d’un fonctionnement dégradé, qui fait peser sur les agents les déséquilibres du service.

Des conséquences bien réelles

Ces changements ne sont pas neutres. Ils pèsent sur la vie personnelle, les temps de récupération, les repères de travail et la fatigue professionnelle.

Ils nourrissent aussi un sentiment d’injustice lorsque les modifications touchent plus souvent les mêmes agents.

Le texte prévoit un suivi du nombre de changements annuels par agent pour garantir l’équité. Encore faut-il que ce suivi soit réel, transparent et opposable.

Un cadre plus précis est indispensable

L’UNSA demande un encadrement plus strict de cette modalité.

Il faut :

– définir plus clairement ce qui relève réellement de la nécessité de service ;

– limiter le nombre de modifications de cycle ;

– assurer une traçabilité effective des changements ;

– privilégier l’accord de l’agent.

Sans cela, la variabilité des cycles risque de devenir une flexibilité imposée, de plus en plus banalisée dans les établissements.

L’UNSA le rappelle clairement : les agents n’ont pas à absorber, par des bascules répétées, les difficultés d’organisation, les carences d’encadrement ou l’absence de recrutements suffisants. La continuité du service public ne peut pas reposer sur la flexibilité imposée aux équipes.