L’ouverture de la RAU Les Épinettes est annoncée pour début mai 2026. La résidence comptera 63 logements de 25 à 28 m², dont 10 logements jumelés autour d’une cuisine commune. Rattachée à la MDS 17, elle devrait fonctionner avec 1 responsable, 3 ASO hébergement et 1 gardien. Cette résidence, présentée comme moderne, soulève pourtant plusieurs questions de fond.
Téléassistance : un outil, pas une présence
L’administration met en avant l’installation d’un système de téléassistance auprès des résidents. Cet outil peut être utile en cas d’urgence et contribuer au maintien dans un logement individuel. Mais il ne faut pas entretenir d’illusion : la téléassistance ne remplace pas une présence humaine permanente.
Dans les RAU, en cas de déclenchement d’alarme, c’est le gardien qui intervient en première réponse, avec les ASO hébergement selon les situations. La téléassistance alerte et transmet. Elle n’assure pas une présence sur site.
Gardiennage : des zones d’ombre persistent
Lors de la F3SCT du 10 mars 2026, l’UNSA a interrogé l’administration sur les conséquences concrètes de ce dispositif pour le poste de gardien.
La réponse est préoccupante : il n’y aurait plus de gardien vacataire les week-ends et jours fériés, la téléassistance étant supposée prendre le relais, y compris dans les relations avec les prestataires.
Plusieurs questions restent entières : qui assurera les missions courantes en l’absence de gardien ? Qui remplacera le gardien titulaire pour une absence inférieure à 48 heures ? Qui prendra en charge l’astreinte de nuit et la continuité du service sur place en cas d’absence du gardien ?
Même pour la sortie des poubelles, l’administration invoque l’externalisation : encore une dépense supplémentaire, sans réponse claire sur le fonctionnement quotidien de la résidence.
3 ASO pour 63 logements : un choix contestable
Autre point majeur : un poste d’ASO hébergement disparaît.
Pour une RAU de cette taille, l’organisation habituelle repose sur 4 ASO. Aux Épinettes, il n’en est prévu que 3. Pour justifier cette baisse, l’administration met en avant le caractère plus « moderne » de la résidence, censé alléger la charge de travail.
Cet argument ne convainc pas. Il contredit la réalité du terrain.
Les résidents accueillis en RAU sont souvent en grande précarité, avec des difficultés sociales, de santé ou d’isolement. Un bâtiment plus récent ne réduit ni les besoins d’accompagnement, ni les urgences, ni la nécessité d’effectifs suffisants.
Lorsque l’administration évoque le déficit des RAU, la question est simple : cherche-t-elle à le compenser en réduisant les postes ?
Des réponses attendues avant l’ouverture
Avant l’ouverture, l’UNSA demande des effectifs adaptés, le rétablissement d’un 4e poste d’ASO hébergement, des garanties claires sur le gardiennage, des protocoles précis en cas d’urgence ou d’absence du gardien, ainsi qu’une formation adaptée des personnels.
Plus largement, elle demande le maintien de postes de gardiens titulaires logés dans l’ensemble des RAU.
L’UNSA le rappelle : la téléassistance ne remplace pas une présence humaine, et la baisse des effectifs ne répond ni aux besoins des résidents ni aux exigences de sécurité. Avant l’ouverture des Épinettes, l’administration doit répondre.
