Depuis novembre 2025, l’UNSA s’est engagée avec la CGT et le SUPAP dans une démarche intersyndicale pour défendre l’action sociale parisienne, pour les personnes accompagnées comme pour les agents des MDS, des PSA et des ESI. Les approches diffèrent, mais un combat commun est engagé tant que les constats des agents restent sans réponse.
Des réformes qui s’accumulent
La réforme du parcours de la personne accompagnée, l’accueil inconditionnel, les évolutions concernant l’ASE, le RSA et d’autres dispositifs n’ont pas partout les mêmes effets.
Cette nuance vaut moins pour les PSA, aujourd’hui toutes submergées.
Une chose est certaine : les changements engagés, comme ceux à venir, alourdissent la charge de travail.
Ils modifient en profondeur l’exercice des missions, souvent sans moyens à la hauteur.
Une réalité sociale qui ne faiblit pas
L’idée d’une baisse durable de l’activité sociale à Paris ne repose sur aucun constat sérieux.
Malgré certaines évolutions démographiques, la capitale reste confrontée à de forts besoins sociaux.
Paris fait face au vieillissement de sa population, à la paupérisation d’une partie de ses habitants, à des besoins croissants d’accueil et d’accompagnement, ainsi qu’à des besoins de domiciliation administrative encore insuffisamment couverts.
S’y ajoute la détérioration des conditions de vie d’une partie de la jeunesse, visible notamment dans l’augmentation du nombre d’IPE et les tensions pesant sur les dispositifs de protection de l’enfance.
Des services sous tension
Dans ce contexte, Paris peine à recruter, en particulier au CASVP, où le taux de vacance de postes atteint 13 %. Ce chiffre dit l’état réel des services et la pression exercée sur les équipes.
L’appel à la grève des 9 et 10 mars a constitué un premier acte fort. Il a exprimé une fatigue profonde, une perte de sens et une colère légitime face à des conditions de travail qui se détériorent de jour en jour.
Cette situation abîme la santé des agents, met en difficulté l’accueil et l’accompagnement, et révèle le décalage entre le discours de la direction et la réalité du terrain.
Une politique sociale responsable suppose des moyens
Pour l’UNSA, une action sociale digne de ce nom ne peut pas reposer sur l’usure professionnelle, des effectifs insuffisants, des outils inadaptés et des bricolages permanents.
Afficher l’objectif d’une égalité de traitement entre toutes les personnes accueillies en MDS, PSA ou ESI ne suffit pas. Encore faut-il leur donner les moyens humains, techniques et financiers nécessaires.
Poursuivre des réformes avec 13 % de postes vacants, c’est faire subir aux agents la violence des conditions de travail qui en découle. Pour l’UNSA, ce n’est pas acceptable.
Faire entendre les revendications
L’intersyndicale demandera rapidement une audience à la municipalité issue du scrutin pour porter la réalité des services, faire entendre les agents et défendre des revendications à la hauteur des enjeux.
Les réponses attendues portent sur les effectifs, l’organisation du travail, les outils, la rémunération et les conditions d’accueil du public et, plus largement, la stratégie de l’action sociale parisienne.
La mobilisation devra durer. Une nouvelle AG intersyndicale sera proposée en avril aux agents des MDS, des PSA et des ESI. Les projets politiques mal préparés ne doivent pas être mis en œuvre au prix de l’épuisement des agents. Une politique sociale parisienne responsable suppose des moyens, du respect et de la cohérence.
