L’UNSA a signé ce protocole parce qu’il comporte des avancées réelles. Mais cette signature ne vaut ni approbation générale, ni silence sur ses limites. Car derrière des mesures utiles, des exclusions demeurent et certains choix de la Ville restent discutables.
Pourquoi l’UNSA a signé
L’UNSA constate que la Ville de Paris a fait le choix d’une revalorisation indemnitaire touchant un nombre important d’agents, même si les montants retenus et les modalités choisies restent insatisfaisants. À titre d’exemple, l’UNSA défend le principe d’une véritable carrière indemnitaire. Nous en restons loin.
Pour certains corps, les effets seront rapides.
Pour d’autres, ils interviendront au fil de la carrière, par la promotion de grade ou de corps.
Ces mesures existent. Elles produiront des effets. Il n’était pas question de les nier. C’est pour cela que l’UNSA a signé.
Mais des limites demeurent
Cette satisfaction a des limites nettes.
Comment se satisfaire de la faible revalorisation des corps de catégorie C ?
Comment accepter la mise à l’écart de la filière sociale, alors même qu’elle avait participé, dès 2016, à la mise en place progressive du RIFSEEP à la Ville de Paris, dans le cadre d’un protocole dédié à l’ensemble de la filière ?
Concrètement, cela a conduit à écarter de toute valorisation des corps comme les SMS, les CSE. Ces derniers ont d’ailleurs fini par obtenir une revalorisation grâce à la réussite de leur mouvement social.
Par ailleurs, de l’aveu même de la DRH, les outils utilisés pour mesurer les inégalités entre les femmes et les hommes ne sont pas pleinement adaptés. Cela a pu conduire à écarter certains corps de manière contestable. Cette limite interroge aussi l’absence de revalorisation spécifique pour le corps administratif, comme pour les agents sociaux et les aides-soignantes.
L’UNSA a donc demandé que ce travail soit poursuivi, que les outils soient améliorés et que le protocole puisse évoluer pour corriger ces angles morts.
Ce que ce protocole dit aussi
L’UNSA le rappelle : les revalorisations indemnitaires n’arrivent jamais par hasard.
Elles répondent parfois à une obligation réglementaire ou politique, comme ici avec l’égalité femmes-hommes.
Elles peuvent aussi répondre à une situation devenue trop tendue : manque d’attractivité, difficultés de recrutement, tensions sur le service public.
Elles peuvent enfin être obtenues par la mobilisation des agents. L’exemple des CSE, exclus du protocole mais victorieux de leur mouvement de décembre 2025, le rappelle clairement.
L’UNSA a signé ce protocole pour ses avancées réelles. Mais elle n’entend pas taire ses oublis, ses exclusions et ses limites. Les agents laissés de côté ne doivent pas rester isolés. Des revendications communes, appuyées si nécessaire par la mobilisation, restent le moyen le plus sûr d’obtenir une reconnaissance juste. L’UNSA CASVP prendra toute sa place dans ce combat.
