AU CASVP, L’URGENCE ÉCRASE L’ESSENTIEL

À force de tout traiter dans l’urgence, l’essentiel finit par disparaître : le sens du travail, la qualité du service rendu, et la santé des agents. C’est ce que l’UNSA constate, de plus en plus clairement, lors de ses visites dans les établissements et les services. Derrière les discours sur la prévention, l’accompagnement ou la qualité de vie au travail, la réalité du terrain reste trop souvent celle de la surcharge, des injonctions contradictoires, des sous-effectifs et de l’impossibilité croissante de faire correctement son travail.

Une réalité de terrain de plus en plus lourde

Dans de nombreux services, les agents doivent faire face à des consignes multiples, parfois changeantes, parfois contradictoires, sans priorités clairement posées.
Il faut répondre à tout, vite, tout le temps, tout en continuant à assurer des missions concrètes, humaines, utiles.

Cette situation n’est pas identique partout. Mais elle est désormais trop fréquente pour être minimisée.

Quand le travail perd son sens

Beaucoup d’agents tiennent encore par conscience professionnelle, par attachement au service public, par volonté de faire un travail utile.

C’est justement ce qui est atteint aujourd’hui.

Quand le travail se réduit à des procédures, des tableaux, des indicateurs et du reporting, il perd ce qui le rend tenable : son sens, son utilité, sa dimension humaine. Et quand le sens s’efface, l’usure progresse.

Une logique gestionnaire qui abîme

Depuis des années, une logique de plus en plus gestionnaire s’impose. Les actes professionnels sont comptés, tracés, évalués, normés. Le pilotage prend le pas sur le travail réel.

Les conséquences sont connues : perte de repères, travail empêché, tensions dans les équipes, épuisement et, au bout du compte, difficultés de recrutement et de fidélisation.

Le chiffre de 13 % de postes vacants à la DSOL en janvier 2026 n’a rien d’anecdotique. Il dit quelque chose d’un malaise installé.

Des ambitions sans moyens suffisants

L’UNSA le dit clairement : il ne suffit pas d’annoncer des priorités politiques, de présenter des projets ou de communiquer sur la qualité de vie au travail. Encore faut-il garantir les moyens humains, les moyens matériels et les organisations de travail adaptées.

Trop souvent, les agents absorbent seuls les contradictions d’un système qui exige beaucoup, promet beaucoup, mais laisse perdurer des difficultés très concrètes :

sous-effectifs persistants ;
matériels insuffisants ou inadaptés ;
désorganisation ;
• et un dialogue social qui continue d’exister formellement, sans produire les effets attendus.

Ne pas rester seuls

Quand la charge devient excessive, quand les consignes deviennent incompatibles avec le travail réel, quand la santé commence à être atteinte, il faut signaler, alerter, se protéger.

La dégradation des conditions de travail n’a rien d’une fatalité. Encore faut-il la nommer, et la combattre collectivement.

Défendre les conditions de travail, ce n’est pas refuser le changement. C’est refuser que l’essentiel soit sacrifié : la santé des agents, le sens du travail et la qualité du service public. L’UNSA CASVP continuera à porter cette exigence, à relayer la parole des agents et à intervenir pour que le travail redevienne soutenable, respecté et reconnu.