Lors de son audition devant la mission d’information du Sénat sur la souffrance psychique au travail, la DGAFP a dressé un constat sévère : prévention centrée sur l’après-coup, données insuffisantes, DUERP absents ou incomplets, médecine de prévention en recul, reclassement des agents inaptes en difficulté.
Ce diagnostic national résonne directement au CASVP. Les agents en connaissent déjà les effets : sous-effectifs, intensification du travail, perte de sens, tensions avec le public, réorganisations mal accompagnées, encadrement parfois laissé sans moyens.
Prévenir, ce n’est pas réparer trop tard
La DGAFP reconnaît une prévention trop souvent curative : on intervient après l’alerte, après l’arrêt, après l’épuisement.
Pour l’UNSA CASVP, les risques psychosociaux ne peuvent pas se traiter seulement lorsque la situation est déjà dégradée.
La vraie prévention consiste à agir sur les causes : effectifs, charges de travail, plannings, organisations, consignes contradictoires, pression hiérarchique et réorganisations éloignées du travail réel.
Un agent qui craque n’est pas un agent fragile. C’est souvent un agent qui a tenu trop longtemps dans une organisation qui ne tenait plus.
Le DUERP ne doit pas être un document de façade
Le document unique d’évaluation des risques professionnels doit identifier les risques, intégrer les RPS, être actualisé et déboucher sur des mesures concrètes.
Pour l’UNSA CASVP, le DUERP doit devenir un outil vivant, connu des agents, construit avec les représentants du personnel et relié aux réalités du terrain.
Un risque identifié sans mesure concrète n’est pas de la prévention. C’est un constat sans suite.
Médecine préventive, alerte, reclassement : les maillons faibles
Sans suivi médical suffisant, sans avis rapides, sans adaptation effective des postes, les agents se retrouvent trop souvent seuls.
Le reclassement des agents inaptes reste un sujet majeur. Trop d’agents usés par le travail attendent une solution réelle.
Pour l’UNSA, le reclassement ne doit pas devenir une voie de garage. Il doit être préparé, accompagné et suivi.
Le management ne peut pas tout absorber
La formation des encadrants est nécessaire, mais elle ne suffira pas si les décisions restent difficiles à appliquer, avec des moyens insuffisants et des équipes déjà sous tension.
Le dialogue professionnel ne doit pas devenir un affichage. Il doit permettre de modifier concrètement l’organisation du travail. Écouter les agents sans changer ce qui produit leur souffrance, ce n’est pas du dialogue social. C’est de la mise en scène.
Ce que demande l’UNSA CASVP
L’UNSA CASVP demande une politique de prévention des risques psychosociaux à la hauteur du terrain : DUERP actualisés, plans d’action suivis, analyse sérieuse des charges de travail, médecine préventive renforcée, traitement rapide des alertes, reclassement effectif et prise en compte du travail réel avant toute réorganisation.
La souffrance au travail ne doit plus être traitée comme un dommage collatéral. Quand ces angles morts sont reconnus au niveau national, le CASVP ne peut pas continuer comme si de rien n’était. Les agents ont besoin d’organisations soutenables, de moyens adaptés, de réponses rapides et d’une prévention qui prenne enfin au sérieux ce qu’ils disent de leur travail.
