EHPAD : REPEINDRE LA FAÇADE NE SUFFIRA PAS

Le gouvernement annonce son souhait de renommer les EHPAD en « Maisons France Autonomie » d’ici 2027. L’objectif affiché serait de « changer le regard sur le vieillissement ». Pour l’UNSA CASVP, le sujet ne peut pas se résumer à une nouvelle appellation, à un label ou à une opération de communication. Comme l’a rappelé Laurent Escure, secrétaire général de l’UNSA : « repeindre la façade, ce n’est pas agir sur le fond ».

Un nouveau nom ne fait pas une politique publique

Changer le nom des EHPAD ne changera pas, à lui seul, les conditions d’accueil des résidents. Cela ne changera pas non plus les conditions de travail des agents.

Dans les établissements, les difficultés sont connues : effectifs insuffisants, remplacements difficiles, plannings sous tension, fatigue professionnelle, manque de temps auprès des résidents, difficultés de recrutement, reconnaissance encore trop limitée des métiers du grand âge.

Ce ne sont pas les appellations qui manquent. Ce sont les moyens.

Comme le souligne l’UNSA nationale, « un changement de nom ne signifie pas une amélioration des conditions d’accueil ».

Un label ne remplace pas des effectifs

Le gouvernement évoque un futur label « Maisons France Autonomie ». Mais un label ne remplace pas des collègues absents. Un cahier des charges ne remplace pas un taux d’encadrement suffisant. Une nouvelle dénomination ne donne pas plus de temps aux agents pour accompagner dignement les résidents.

Le taux d’encadrement annoncé pour 2030, à hauteur de 0,7 équivalent temps plein par résident, reste inférieur aux recommandations du Conseil de l’âge et très éloigné des besoins réels dans les établissements.

Pour l’UNSA, la question demeure celle des moyens humains, budgétaires et matériels. Sans personnels en nombre suffisant, sans remplacements effectifs, sans organisation soutenable, le changement de nom restera un affichage.

Les agents connaissent la réalité du terrain

Dans les EHPAD du CASVP, les agents n’ont pas besoin qu’on leur explique ce qu’est la perte d’autonomie. Ils l’accompagnent chaque jour.

Ils savent ce que signifie travailler avec des équipes incomplètes. Ils savent ce que signifie devoir faire vite quand il faudrait prendre le temps. Ils savent ce que produit l’écart entre les discours institutionnels et la réalité du terrain.

Les résidents n’ont pas besoin d’un nouveau nom sur la façade. Ils ont besoin de personnels présents, formés, reconnus et suffisamment nombreux. Les agents n’ont pas besoin d’un changement d’appellation. Ils ont besoin que leur travail soit enfin pris au sérieux.

Penser l’autonomie dans sa globalité

L’UNSA CASVP partage l’approche rappelée par Laurent Escure : la perte d’autonomie doit être pensée dans « l’esprit d’un parcours de la personne » : adaptation des logements, aide à domicile, habitats alternatifs, accueil en établissement lorsque cela devient nécessaire.

Le vieillissement de la population appelle une politique publique ambitieuse. Il ne s’agit pas seulement de redorer l’image des EHPAD. Il s’agit de répondre concrètement aux besoins des personnes âgées, des familles et des professionnels.

L’UNSA demeure dans l’attente « d’une loi de programmation pluriannuelle ambitieuse pour faire face au choc démographique de 2030 ». Renommer n’est pas renforcer. Labelliser n’est pas recruter. Communiquer n’est pas agir.