Le SMIC sera automatiquement revalorisé au 1er juin 2026. Pour l’UNSA nationale, cette hausse légale ne suffit pas : un changement de cap est nécessaire. Pour l’UNSA CASVP, cette annonce rappelle aussi une réalité bien connue des agents publics : les rémunérations restent trop basses, les grilles indiciaires se tassent et les correctifs successifs ne règlent pas le problème de fond.
Une hausse nécessaire, mais insuffisante
En période de hausse des prix, un mécanisme permet de revaloriser le SMIC en cours d’année. Cette revalorisation automatique constitue une protection indispensable pour les salariés les plus modestes. Elle permet d’éviter un décrochage encore plus important des bas salaires.
Mais cette hausse ne règle pas tout.
Comme l’a rappelé Laurent Escure, secrétaire général de l’UNSA, il faut aujourd’hui un effort supplémentaire.
Le pouvoir d’achat a été fortement fragilisé ces dernières années et peine à retrouver son niveau antérieur.
Dans la fonction publique, les grilles se tassent
La hausse du SMIC entraîne une revalorisation pour les agents publics situés au bas des grilles, lorsque leur rémunération doit être rapprochée du minimum légal. Cependant, jusqu’à présent, les modifications successives des grilles indiciaires ont surtout généré un tassement des grilles, avec des conséquences directes sur les carrières des agents de catégories C et B.
Les premiers niveaux de rémunération se rapprochent dangereusement les uns des autres. Les débuts de carrière restent trop bas, les écarts entre échelons se réduisent, et la progression indiciaire perd de son sens.
Des agents peuvent ainsi avoir le sentiment de stagner, malgré l’ancienneté acquise, l’expérience professionnelle et les responsabilités exercées.
Au CASVP, cette réalité est concrète
Au CASVP, de nombreux agents connaissent cette situation : fins de mois difficiles, carrières peu reconnues, primes insuffisantes au regard des contraintes, de la pénibilité ou des responsabilités.
Les agents tiennent pourtant des missions indispensables : accueil, accompagnement social, aide aux personnes âgées, fonctions administratives, techniques, logistiques ou d’encadrement.
Leur rémunération doit être à la hauteur de leur utilité réelle.
Les correctifs ne suffisent plus
L’indemnité différentielle permet d’éviter qu’un agent soit rémunéré sous le niveau du SMIC. Elle corrige un écart.
Elle ne revalorise ni les grilles, ni les métiers, ni les parcours professionnels.
Pour l’UNSA CASVP, la question centrale des rémunérations ne peut plus être traitée par des ajustements techniques successifs.
Ce qu’il faut, ce sont des mesures lisibles, équitables et durables.
Des réponses nationales et locales sont nécessaires
Au niveau national, il faut une revalorisation réelle du point d’indice, des grilles et des débuts de carrière.
Au niveau local, des mesures concrètes sont nécessaires sur le régime indemnitaire, les écarts entre filières et la reconnaissance des contraintes particulières des métiers du CASVP.
La hausse du SMIC doit servir d’alerte. Si le minimum légal progresse mais que les carrières publiques restent figées, c’est toute la reconnaissance du travail des agents qui recule. Pour l’UNSA CASVP, le pouvoir d’achat, les bas salaires et la revalorisation réelle des carrières doivent redevenir des priorités.
