TRAVAIL DE NUIT : PROTÉGER LES AGENTS, C’EST PROTÉGER LE SERVICE

Dans les EHPAD comme dans les services où la continuité de l’accompagnement repose sur une présence de nuit, les agents assurent une mission essentielle. Mais cette mission ne peut pas continuer à reposer sur l’usure silencieuse des professionnels.

Depuis plusieurs mois, l’UNSA CASVP échange avec les agents de nuit, notamment lors des visites de terrain.
Ces retours confirment une réalité connue, mais encore trop peu prise en compte : le travail de nuit est indispensable au fonctionnement des établissements, mais il expose les agents à des contraintes fortes.

Horaires décalés, sommeil perturbé, fatigue accumulée, isolement, vigilance permanente, impact sur la vie familiale et sociale : les agents de nuit tiennent le service dans des conditions exigeantes.
Cette réalité ne doit pas être banalisée.

L’UNSA CASVP est déjà intervenue à plusieurs reprises sur ces questions : reconnaissance des contraintes, repos compensateurs, organisation des plannings, accès au suivi médical, prise en compte de la pénibilité, revalorisation indemnitaire.
À l’époque, ces alertes avaient été entendues par l’élue en charge du dossier. Des réunions de travail avaient été organisées à sa demande, à la suite de nos interventions. Mais depuis près d’un an, cette dynamique a été interrompue, sans explication claire.

Des avancées ont pourtant été obtenues, notamment sur le volet santé, avec la reprise des visites de suivi pour les agents de nuit. Elles doivent désormais être consolidées et prolongées.

Les constats récents montrent que ces sujets restent pleinement d’actualité.

Ne pas opposer continuité du service et santé des agents

Le positionnement de l’UNSA CASVP est clair : il ne s’agit pas d’opposer la continuité du service à la santé des agents. Au contraire, préserver les professionnels, c’est garantir des équipes stables, disponibles, expérimentées, capables d’assurer un accompagnement de qualité auprès des résidents et des usagers.
Un service de nuit ne peut pas fonctionner durablement si les agents sont épuisés, insuffisamment suivis, mal remplacés ou contraints de tenir malgré des alertes de santé.

Ce que demande l’UNSA CASVP

L’UNSA CASVP demande :
• un suivi de santé renforcé, régulier et réellement accessible pour les agents de nuit ;
• des plannings respectueux des temps de repos et de récupération ;
• des pauses réellement possibles, avec du matériel adapté, et pas seulement prévues sur le papier ;
• des effectifs adaptés à la réalité du travail de nuit ;
• une prise en compte effective de la pénibilité et de l’usure professionnelle ;
• des aménagements de poste lorsque l’état de santé de l’agent le nécessite ;
• un accompagnement individualisé pour permettre aux agents de rester en poste sans se mettre en danger;
• une reconnaissance financière et professionnelle à la hauteur des contraintes assumées.

Prévenir plutôt que réparer

Trop souvent, les difficultés sont traitées lorsque l’agent est déjà épuisé, en arrêt, ou contraint de demander un changement de poste. Ce n’est pas acceptable.
Une vraie politique de prévention suppose d’écouter les agents, d’anticiper les risques, d’adapter les organisations et de garantir un suivi médical effectif.

La prévention ne peut pas se limiter à des principes généraux. Elle doit se traduire dans les plannings, les effectifs, les équipements, les repos, les remplacements et les conditions concrètes de travail.

Le travail de nuit est essentiel à la sécurité et au bien-être des résidents et des personnes accompagnées. Mais cette continuité du service ne peut pas se faire au prix de la santé des agents.