SMIC REVALORISÉ : UNE INDEMNITÉ, PAS UNE REVALORISATION

À la suite de la revalorisation du SMIC de 2,41 % au 1er juin 2026, le Gouvernement confirme la mise en œuvre de l’indemnité différentielle destinée à garantir qu’aucun agent public ne perçoive une rémunération indiciaire inférieure au salaire minimum. Environ 862 000 agents publics seraient concernés.

Le minimum de traitement dans la fonction publique reste fixé à l’indice majoré 366, soit l’indice brut 367, correspondant à 1 801,73 euros bruts mensuels pour un agent à temps complet.

Cette confirmation intervient alors que les organisations syndicales alertaient sur les effets de cette nouvelle hausse du SMIC : un nouveau tassement des grilles et une indemnité qui, non prise en compte dans le calcul des pensions de retraite, ne peut tenir lieu de politique salariale.

Le mécanisme de l’indemnité différentielle

Prévue par le décret n° 91-769 du 2 août 1991, cette indemnité est calculée sur la rémunération indiciaire de base, hors primes et indemnités.

Elle bénéficie donc aux agents dont le traitement indiciaire est rattrapé par la hausse du SMIC, indépendamment des primes qu’ils perçoivent par ailleurs.

Elle devra être versée aux agents publics rémunérés sur la base d’un indice majoré inférieur ou égal à 379.

Cela concerne notamment :

  • les fonctionnaires de catégorie C1, de l’échelon 1 à 10 ;
  • les fonctionnaires de catégorie C2, de l’échelon 1 à 7 ;
  • les fonctionnaires de catégorie C3, de l’échelon 1 à 3 ;
  • certains fonctionnaires de catégorie B, B1, de l’échelon 1 à 5 ; B2, de l’échelon 1 à 2 ;
  • les agents contractuels rémunérés sur la base d’un indice majoré inférieur ou égal à 379.

Son montant pourra atteindre jusqu’à 65,28 euros bruts mensuels, selon l’indice majoré de l’agent.

Sur le bulletin de paie, elle apparaît sous le code rubrique 124.

Les correctifs ne suffisent plus

L’indemnité différentielle permet d’éviter qu’un agent soit rémunéré sous le niveau du SMIC.

Elle corrige un écart. Mais elle ne revalorise ni les grilles, ni les métiers, ni les parcours professionnels.

Pour l’UNSA CASVP, la question centrale des rémunérations ne peut plus être traitée par des ajustements techniques successifs. Ce qu’il faut, ce sont des mesures lisibles, équitables et durables.

Des réponses nationales et locales sont nécessaires

La hausse du SMIC constitue une revalorisation nécessaire pour les salariés rémunérés au minimum légal. Mais, pour les agents publics, elle révèle surtout l’ampleur d’un décrochage devenu alarmant.

Au niveau national, il faut une revalorisation réelle du point d’indice, des grilles et des débuts de carrière.

Au niveau local, des mesures concrètes sont nécessaires sur le régime indemnitaire, les écarts entre filières et la reconnaissance des contraintes particulières des métiers du CASVP.

Nous porterons cette revendication auprès des élus.

La hausse du SMIC doit servir d’alerte. Si le minimum légal progresse mais que les carrières publiques restent figées, c’est toute la reconnaissance du travail des agents publics qui recule. Pour l’UNSA CASVP, le pouvoir d’achat, les bas salaires et la revalorisation réelle des carrières doivent redevenir des priorités.